ines kikuko  
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Petit courrier

La presse magazine a ses marronniers, sujets récurrents revenant systématiquement de façon quasi saisonnière. C'est ainsi qu'à chaque début de printemps, les magazines féminins préparent l'été à coups de régimes minceur. Vous pouvez vérifier. D'autres se passionnent pour le salaire des cadres, d'autres encore pour les prix de l'immobilier, le péril islamique (voyez l'Express), etc. Chacun son truc. L'hebdomadaire Marianne semble avoir une idée fixe concernant la question scolaire, et c'est tout à son honneur. À ceci près que...

marianne
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Mai 2015, Juillet 2015 pour les deux derniers numéros. Est-ce que ça ne sent pas un peu trop le catastrophisme et l'incantation ? Par ailleurs, j'ai déjà dit tout le mal que je pensais des euphémismes du type "l'école", "le numérique"...

Ce qui suit est un scoop. Mon tout premier courrier à propos de questions scolaires avait été destiné au maire de Paris (1993). Par la suite, j'ai écrit à pas mal de monde, surtout des maires, jusqu'aux DOM-TOM, toujours à propos de questions scolaires. Il y a eu aussi IBM, l'OPAC (gestionnaire de HLM), plein d'associations censées lutter contre l'illettrisme (mon oeil ! En réalité, elles maintiennent les illettrés dans leur statut, car sans illettrés, elles ne servent plus à rien !), etc.

illettrisme

Fédération AEFTI (Fédération Nationale des Associations pour l'Enseignement et la Formation des Travailleurs Immigrés - Montreuil-sous-Bois [93])... "Notre Fédération ne dispensant pas d'actions de formation, nous vous conseillons de transmettre votre offre aux AEFTI dont vous trouverez la liste ci-jointe.". Plutôt que de transmettre directement votre courrier à leurs adhérents, on vous fait perdre votre temps en vous renvoyant d'une adresse à une autre. Ils m'ont aussi fait le coup à la Croix Rouge et chez Emmaüs, section alphabétisation. Ne parlons même pas des associations de travailleurs ivoiriens, maliens, guinéens, sarakole, soninke, malinke, bambara et j'en passe, soit des dizaines d'associations de travailleurs immigrés dont aucune n'a accusé la moindre réception.

Détail important : en plus de vingt ans, je n'ai pas trouvé le temps d'écrire à un seul ministre français de l'Éducation Nationale, tout simplement parce que j'ai toujours pensé que ce n'était pas la personne la plus qualifiée pour changer les choses sur le terrain. Incroyable, non ? s'agissant du ministre de l'Éducation du pays le plus bonapartiste et le plus centralisé (pléonasme !) d'Europe occidentale ! Et je persiste à penser que ce n'est pas au ministère que se trouvent (toutes) les clés du problème, même s'il y a fort à parier que c'est là que se trouvent bien des blocages.

Explication : est-ce le ministère de l'Éducation Nationale qui interdit aux donneurs d'ordres que sont les municipalités (écoles primaires), les départements (collèges) et les régions (lycées) d'exiger des éditeurs qu'ils munissent les manuels scolaires de la totalité des corrigés des exercices ? Et à supposer que moi, maire de Paris, de Lille, Lyon, Bordeaux, Strasbourg..., voire président de telle ou telle agglomération, de tel département ou de telle région, décide de ne plus acheter de manuels scolaires qui ne seraient pas équipés du corrigé exhaustif des exercices, bref, que je définisse un cahier des charges à observer par les éditeurs, vous croyez que le ministère de l'Éducation aurait son mot à dire dans l'affaire ?

Alors, que quelqu'un m'explique qui interdit à ces élus de proposer aux élèves des manuels exploitables par tous, y compris par les enfants de milieux défavorisés, qui n'ont pas la chance d'avoir un père ingénieur ou une mère agrégée !

Autre chose ? Les ordinateurs. Toutes les villes, à la mi-décembre, ont coutume de se parer d'illuminations de Noël, de même que bien d'entre elles dépensent des mille et des cents pour subventionner qui une équipe de football, qui une équipe de basketball, et ce, malgré les millions qui coulent déjà dans le milieu sportif (surtout le foot et le tennis) en termes de droits de télévision et autres droits à l'image. Dois-je comprendre que des illuminations de Noël ou le sponsoring d'un club de foot sont plus importants que l'équipement conséquent des écoles, collèges et lycées en ordinateurs ? Est-ce aussi le ministère de l'Éducation nationale qui interdit aux autorités locales de se mettre au diapason de ce qui se fait en la matière dans les pays les plus avancés de l'OCDE ?

Quant aux rythmes scolaires, quelqu'un se souvient-il de Philippe Séguin, maire d'Épinal, qui, en son temps, avait déjà fort largement innové en la matière, dans sa petite commune vosgienne ? Peut-on me dire auprès de quel ministre de l'Education Séguin a-t-il pris des ordres avant d'élaborer sa grille de rythmes scolaires ?

Le scoop c'est que je me sois finalement décidé à écrire pour la première fois, à propos de questions scolaires, à un(e) ministre français(e) de l'Éducation Nationale. Tout arrive, n'est-ce pas ? Mais à ce changement d'attitude, il y a quelques raisons. (Erratum)

Certes, je me considère comme un opposant résolu à une certaine vision manichéenne de l'école incarnée par l'actuelle ministre de l'Éducation Nationale, notamment lors de son précédent mandat ministériel, qui l'a vue s'appliquer à faire entrer la théorie du genre - cette suprême escroquerie intellectuelle - dans l'école à travers les soi-disant "ABC de l'égalité". Car si l'égalité des sexes est tellement importante, que l'on commence donc par l'Assemblée Nationale, le Sénat, le Médef...! Et qu'on fiche la paix aux bambins de Maternelle. Surtout, qu'on ne vienne pas me raconter de salades : s'il y a un domaine sur lequel on ne peut pas tromper grand monde (de passablement instruit), c'est bien la théorie du genre, laquelle consiste à faire croire aux enfants que "garçons et filles, c'est pareil.". Non, garçons et filles, ce n'est pas pareil !

Quoi qu'il en soit, compte tenu de l'extrême désinvolture avec laquelle la nouvelle ministre a été installée rue de Grenelle, et parce que je considère qu'il s'agissait là d'un cadeau extrêmement empoisonné qui lui était fait, j'estime que s'il y a un membre de l'actuel gouvernement, dont il faut à tout prix souhaiter la réussite, c'est bien Najat Vallaud-Belkacem, dont je suppose qu'au sein même de son propre camp, ils sont nombreux et elles sont nombreuses à se pousser du coude à chacune de ses apparitions publiques, en espérant le faux-pas, tout en riant sous cape. Les imbéciles !

C'est ce qui s'appelle "se faire l'avocat du diable", n'est-ce pas ? À ceci près qu'un authentique intellectuel - et je prétends en être un - c'est précisément quelqu'un capable de faire la part de l'essentiel et de l'accessoire. Et, pour l'heure, l'essentiel, c'est qu'on en finisse avec les incantations qui décorent régulièrement la Une des magazines dès qu'il est question de l'école. D'où ce petit courrier à madame la ministre, dont j'ai adressé copie à Marianne, ainsi que je l'explique plus bas. Et à la différence du magazine, ce que j'affirme, je le prouve ; je veux dire que je l'ai prouvé, ainsi que les nombreux documents affichés sur ce blog en attestent. Par ailleurs, là où je suis allé (des logements de tous calibres et de tout standing, où se trouvaient des élèves en difficulté ainsi que quelques gamins dits "surdoués"), aucun journaliste, ni sociologue, ni syndicaliste enseignant, ni recteur d'académie, ni ministre de l'Éducation nationale... n'ont jamais mis les pieds. Je pense, par conséquent, avoir une petite expertise d'avance sur tout ce petit monde : les enfants ne naissent pas dans les choux, pas plus qu'ils ne sont livrés par des cigognes.

ministre

Vous avez compris que j'attendais désormais qu'une multitude d'élus de terrain me contactent pour avoir quelques idées sur la manière la plus efficace de combattre l'échec scolaire, dont un des avatars les plus précoces est cette fameuse "dyslexie".

Mes premiers destinataires à ce propos ont été, en effet, des maires ou des adjoints chargés des affaires scolaires (joints par courrier postal ou courriel), dans l'ordre chronologique : Epinal, Stains, Syndicat de communes Garges-lès-Gonesse-Sarcelles..., Clichy-sous-Bois, Issy-les-Moulineaux, Versailles, Paris, Neuilly-sur-Seine, Saint-Cloud, Montreuil-sous-Bois, St-Denis (93), L'Île-Saint-Denis, Strasbourg, Chartres, Fontainebleau, Rambouillet, Château-Thierry, Drancy, Besançon, Villejuif, Lille, Créteil, La Courneuve, Metz, Argenteuil, Nancy, Montrouge, etc, ainsi que - et c'est par là qu'on aurait pu commencer - l'Association des Maires de France. (Par parenthèse, je n'ai pas écrit au maire de ma commune et je m'abstiendrai de le faire, l'ayant déjà fait au début de l'année 2014 et étant toujours dans l'attente d'un accusé de réception. Rien à voir avec les maires de Bayreuth, Berlin, Dresde, Leipzig, le Ministre-président de Bavière, le prince régnant monégasque..., qui vous répondent quasiment par retour du courrier ! Question d'éducation, sans doute...).

Et maintenant, wait and see!

 

 

 
         
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