J'habite alors Boulevard Suchet (Paris 16ème), dans un studio qui m'est loué par la grand-mère d'un de mes élèves. Le quartier grouille de "gens de maisons", dont beaucoup de jeunes femmes originaires des Philippines. Sur le palier, il y a une petite voisine élevée par une femme de ménage divorcée. La fillette semble déjà très adroite de ses mains, ce que je vais mettre à profit pour lui apprendre à écrire.
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- Bonjour, c'est comment ton nom ? - Inès - Et tu as quel âge ? - Deux ans et demi. |
Quelques années plus tard, Inès et sa mère ont déménagé, lorsque cette dernière m'appelle au téléphone :
- Vous savez ce qu'a dit la maîtresse ?
- Non ! Alors ?
- Qu'Inès est dyslexique.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? Vous allez me donner son numéro de téléphone pour que j'aille dire deux mots à cette idiote. (Pour être honnête, je n'ai pas dû dire "idiote" mais plutôt "pauvre c...".). La mère n'a jamais voulu me donner le numéro de téléphone de l'autre idiote.
Voilà ce qu'est devenue l'Éducation Nationale : un repaire de crétins et de crétines ! Dyslexique, une gamine à qui j'ai appris moi-même à lire et à écrire avant qu'elle n'entre en Maternelle !
Inès et sa mère ont quitté mon immeuble bien avant ses six ans. Il est, donc, facile d'en déduire son âge sur les images qui suivent.

Précision utile : pour obtenir ce qui précède, j'ai dû voir Inès (sur un laps de temps de près de trois ans, surtout vers la fin) une dizaine de fois, en la faisant travailler autour de trois quarts d'heure à chaque séance. |